Voir Colloque 2008. Paris, les 13, 14,15 novembre 2008

Le projet du site :
A l’initiative de quelques chercheurs dont les thèses portaient sur des sujets touchant à l’aérien depuis le XVIIIe siècle, ce groupe a pour objet de dynamiser la réflexion autour d’une nouvelle histoire de l’aéronautique. Faisant écho à des initiatives éparses au sein de la recherche universitaire en histoire, histoire des techniques, en sociologie et anthropologie, histoire de l’art, mais également en incorporant les apports développés par les acteurs de l’aéronautique sur leur propre histoire, il s’agit de proposer des pistes pour investir le champ des questions aériennes tout en sortant de l’approche cantonnée aux aspects pionniers et héroïques de la conquête de l’air, et de dépasser le cadre d’étude constitué par l’histoire des entreprises aéronautiques. Des problématiques émergentes renouvellent le terrain : autour de l’histoire de la mobilité, qui permet de réfléchir à la fois aux techniques mais aussi aux politiques, aux usages de la mobilité, à l’organisation du territoire, autour de l’histoire du genre et du travail (de la fabrication des machines aux monde des aéroports et de la navigation) par exemple.
Enfin, articuler le champ de l’histoire culturelle et des représentations avec les évolutions techniques et leurs implications économiques et politiques apparaît comme un axe particulièrement prometteur.
S’inscrire dans la longue durée depuis le XVIIIème siècle pourrait sembler paradoxal. Le terme qui se substitut à « aérostatique » dans les années 1860 désigne bien le vol dirigé, l’aéronautique définit une filière scientifique, technique puis une industrie de première importance dont les mutations en terme de techniques, d’emploi, d’emprise régionale, de représentation nationale, occupent une place centrale dans le monde contemporain économique et politique. Pourtant nous souhaitons sortir de l’approche du retard à l’avènement de l’aviation dont seraient responsables les ballons, qui est une position largement caduque et improductive historiquement. Sans occulter la différence entre la pensée de la propulsion et celle de l’équilibre, nous entendons considérer la pensée du vol dans une perspective historique sur le long terme, afin de mieux comprendre le rapport entre les deux techniques dans la perspective globale d’une histoire culturelle et technique de l’aéronautique. Ainsi, lorsque la question du vol dirigé et de sa réalisation pratique resurgit à la fin du XIXe siècle, elle s’inscrit non seulement dans un ensemble de pratiques déjà bien établies, mais aussi dans un ensemble de questions transversales touchant d’autres filières techniques et industrielles (comme l’automobile). L’aller-retour entre la fiction des possibles et le récit des exploits réels fonde une “culture aérienne ”. Cette dimension culturelle prouve l’existence de questions qui se rejoignent dans les soutiens des politiques et des industriels dès le début de l’aéronautique (l’objet aérien envisagé comme arme, ou possibilité de survol de territoire) car la dimension politique et militaire fait de cet objet un nouvel enjeu pour les nations rivales. Le développement de la technologie renvoie, en effet, autant à ses avancées propres qu’à la capacité des sociétés à reconnaître, accepter, intégrer et supporter les transformations proposées.
Dans un premier temps, cette réflexion a été largement amorcée, dans le cadre international du IVe Congrès T2M (Trafic, transports et mobilités), organisé par Mathieu Floneau et Vincent Guigueno à Paris et Marne la Vallée en septembre 2006, à l’occasion d’un atelier sur la construction culturelle, scientifique, sportive et juridique d’une “ atmosphère aérienne (1870-1910)» organisé par Marie Thébaud-Sorger (EHESS-CRH/CMH; CDHTE-Cnam), le panel présidé par Patrice Bret (CHEAr ; CAK-CRHST/CNRS), réunissaient Maryse Lassalle (Epistémé-BordeauxI), Thierry Leroy (CERHIO, Rennes), Luc Robène (UHB Rennes II), Nathalie Roseau (LATTS-ENPC). Nous avions centré l’analyse sur la période avant le « transport », en abordant la problématique de la mobilité aérienne sous l’angle du risque.
Nous avons ensuite élargi la problématique sur la longue durée, à la période du développement du transport aérien.
Actualités :Sur la base de ces premières réflexions communes réunissant aérostation et aviation, le projet d’un colloque international en 2008 a été mis en place, avec celui d’une étape intermédiaire, sous la forme d’une journée d’études tenue à la Cité des sciences et de l’industrie de La Villette, le mercredi 13 juin 2007 sans se départir de la transversalité des techniques (ballons, dirigeables, avions). Cette journée a permis d’engager des relectures des très nombreux travaux menés sur l’aviation. Des spécialistes d’horizons divers, historiens, archivistes et acteurs venus de l’entreprise, ont tenté de dialoguer et d’élaborer une réflexion méthodologique commune sur ces questions afin de renouveler l’attention portée aux praticiens de l’air —inventeurs, entrepreneurs, constructeurs, pilotes qui forment un ensemble d’acteurs dans les champs du spectacle, de la pratique sportive ou de la recherche militaire et civile — et de mettre l’accent sur les savoir-faire et leur transmission, ou sur le rôle joué par la patrimonialisation dans le processus de conquête de l’air et dans la construction de cette culture aérienne jusqu’à la naissance de l’industrie aéronautique.
Le colloque international prévu les 13, 14, 15 novembre 2008 à Paris (Cnam,La Villette) et au Bourget (Musée de l’Air et de l’Espace) permettra de faire le point sur ces questions en confrontant des recherches développées dans des domaines différents (histoire des techniques, histoire militaire, histoire culturelle…) pour réfléchir sur la notion de culture aérienne.
Conjointement à cette entreprise, nous avons élaborée un bulletin d’information destiné à faire circuler diverses informations de la recherche sur le sujet : appels à communication, annonces de journées d’étude et colloques, publications, archives en lignes, et quelques pistes de recherche. Ce bulletin est accessible sur le site, ainsi que l’appel à communication du colloque dont le terme était fixé au 31 mars 2008, ainsi que le programme qui en résulte.
Marie Thébaud-Sorger, Novembre 2007.
cartes postales,collection privee G. de Syon; Affiche, collection du MAE